L'alunissage de la NASA en 2028 est plausible, mais seulement si le matériel passe aux actes
L'agence répète « 2028 ». La date ne voudra rien dire tant qu'un atterrisseur ne s'est pas amarré à Orion, qu'une combinaison n'a pas été testée et que le pas de tir endommagé de Blue Origin n'a pas rouvert.
Photo : NASA Marshall Space Flight Center / NASA/Brandon Hancock / Wikimedia Commons (Public domain)
Une date fait-elle un plan ? La NASA tient aujourd'hui un nouveau point d'étape au Kennedy Space Center sur le retour d'astronautes américains sur la Lune d'ici 2028. Selon la NASA, le point portera sur Artemis III et sur l'avancement de l'effort pour 2028. Notre position est simple: une année sur une diapositive n'est pas un jalon. Le matériel, si.
La date a survécu en changeant la route pour y parvenir
Voici l'essentiel. En février, l'administrateur de la NASA, Jared Isaacman, a annoncé une refonte. Artemis III n'est plus la mission d'alunissage. Elle devient un vol d'essai en orbite terrestre basse en 2027 avec l'un des atterrisseurs commerciaux, ou les deux, et c'est désormais Artemis IV qui porte l'alunissage de 2028. La NASA veut aussi lancer le SLS environ tous les 10 mois au lieu de tous les trois ans.
Remarquez ce qui s'est passé. La date d'alunissage n'a pas bougé, tandis que la mission censée l'atteindre a été rétrogradée. Cela peut relever de la bonne ingénierie. L'argument d'Isaacman est qu'il vaut mieux découvrir les problèmes en orbite terrestre que sur la Lune, et nous le trouvons convaincant. Cela signifie aussi que 2028 a probablement moins de marge qu'avant la refonte. Un seul vol d'essai sépare aujourd'hui d'une tentative d'alunissage. CBS News rapporte qu'en l'état, Artemis III est le seul vol de ce type prévu.
L'atterrisseur est le maillon faible
Le test le plus net de la date, c'est l'atterrisseur. En février, la BBC relevait que l'atterrisseur pour la surface n'avait pas encore été choisi. SpaceX a un contrat, mais les retards de Starship ont conduit la NASA à demander un plan simplifié, et elle a aussi demandé à Blue Origin un plan accéléré. La concurrence est saine. C'est pourtant une situation étrange avec un alunissage visé pour 2028.
Il y a ensuite le pas de tir. Selon CBS, une explosion survenue le 28 mai a détruit une fusée New Glenn comme celle qu'il faudrait pour emporter Blue Moon Mark II, et l'unique pas de tir de Blue Origin a subi de gros dégâts. L'entreprise dit s'attendre à une reprise des vols avant la fin de l'année. CBS ajoute qu'une des deux sociétés, ou les deux, devraient réussir un alunissage sans équipage avant 2028. Nous n'avons vu aucune information indiquant que l'une ou l'autre y soit parvenue. D'ici là, nous traiterions 2028 comme une aspiration avec une voie plausible, pas comme une prévision.
L'essai avec équipage est exigeant en soi. Artemis III doit lancer plusieurs fusées lourdes en quelques jours et les coordonner. Jeremy Parsons, du bureau du programme Moon to Mars de la NASA, a déclaré que le vol doit prouver que la NASA peut mener avec ses partenaires des « opérations très chorégraphiées ». Bresnik, membre de l'équipage, a dit que le calendrier et la capacité d'attente en cas de report d'un lancement sont des points « à éclaircir ». Ce sont des aveux honnêtes. Nous les préférons à une date assénée avec assurance.
Ce qui rendrait la date crédible
Il y a de vrais progrès à saluer. CBS indique que le vol d'Artemis II autour de la Lune s'est achevé avec succès en avril, et le blog Artemis de la NASA rapporte que les équipes ont fini d'empiler les propulseurs pour un test de remplissage d'Artemis III. La page d'Artemis IV de la NASA cite la combinaison d'Axiom Space pour les sorties en surface. Ce sont des étapes concrètes.
Pourtant, nous n'avons vu ni trajectoire de financement ni calendrier de livraison pour les combinaisons et les atterrisseurs. Le communiqué de février de la NASA dit que la directive sur les effectifs est un facteur clé de l'accélération, et Isaacman a affirmé que les responsables du Congrès soutiennent « pleinement » l'approche. C'est une déclaration, pas une ligne budgétaire, et nous n'avons aucun chiffre pour en juger.
Que faut-il donc surveiller après aujourd'hui ? Trois choses. D'abord, une date ferme pour Artemis III, avec un partenaire atterrisseur confirmé. Ensuite, un atterrisseur qui vole sans équipage et atteint la surface lunaire. Enfin, la combinaison apparaissant dans un essai, et pas seulement dans une description de mission. Si le point d'aujourd'hui apporte cela, 2028 est un plan. S'il se contente de répéter l'année, c'est du théâtre à la belle mise en scène.
Notre verdict: ne rejetez pas 2028, mais n'y comptez pas encore. La séquence Artemis remaniée est plus judicieuse que l'ancienne, et la pression de la Chine, qui vise selon la BBC un alunissage d'ici 2030, est réelle. Mais une échéance gagne la confiance par le matériel, et pour l'instant le matériel doit encore se montrer.
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