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Rédaction Curisfera
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La vérité qui dérange : pourquoi nous ne sommes pas encore prêts pour Mars

L'évaluation franche d'une astronaute française de premier plan sur la préparation physiologique et technologique de l'humanité pour Mars révèle un écart préoccupant entre nos grandes ambitions et nos capacités actuelles.

Publié
15 octobre 2026
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Photo : NASA / Wikimedia Commons (Public domain)

Le rêve de l'humanité d'établir une présence sur Mars brûle d'un feu ardent, alimenté par des missions ambitieuses et des visions captivantes d'un avenir multiplanétaire. Mais si le plus grand obstacle n'était pas la fusée, ni le financement, mais nous ? Telle est la réalité qui donne à réfléchir, présentée par l'astronaute française Sophie Adenot qui, fraîchement rentrée d'une mission de huit mois à bord de la Station spatiale internationale (ISS), a déclaré sans équivoque que l'humanité n'est pas prête pour Mars avec la technologie actuelle.

À bord de l'ISS, Sophie Adenot, astronaute de l'Agence spatiale européenne (ESA), a passé un temps record de 237 jours, 5 heures et 18 minutes dans l'espace dans le cadre de sa mission εpsilon, revenant sur Terre le 8 octobre 2026. Au cours de sa mission, lancée le 13 février 2026 à bord d'une fusée Falcon 9 et du vaisseau Crew Dragon Freedom, elle a mené quelque 200 expériences scientifiques dans des domaines tels que la santé, la biologie et la physique, et est notamment devenue la première Française à effectuer une sortie extravéhiculaire (EVA), réalisant trois sorties spatiales totalisant plus de 19 heures. Cinq jours seulement après son retour, le 13 octobre 2026, lors d'une conférence de presse à Cologne, en Allemagne, elle a livré une évaluation sévère de la préparation de l'humanité pour un voyage vers la Planète rouge.

Son propre retour physiquement éprouvant a vivement souligné ces difficultés: elle a raconté s'être sentie malade et désorientée lors de l'amerrissage de la capsule Crew Dragon dans le Pacifique, souhaitant initialement être renvoyée dans l'espace parce qu'elle trouvait la situation « mieux là-haut ». La deuxième chose qu'elle a dite, telle que rapportée par SpaceX France, est que l'humanité n'est pas prête pour Mars. Cette expérience est cohérente avec le fait que plus de la moitié des astronautes souffrent de symptômes importants au retour, tels qu'une faiblesse sévère et des vomissements, bien que l'intensité varie selon l'individu et la mission.

Le corps humain: un défi non résolu

Un voyage typique vers Mars est estimé à six à neuf mois, une durée comparable au temps passé par Sophie Adenot sur l'ISS. Cependant, comme elle l'a souligné, sa mission sur l'ISS a permis un entraînement physique quotidien et a offert beaucoup plus d'espace qu'un vaisseau de transport. Malgré ces conditions favorables, son retour a été physiquement exigeant. Son avertissement grave, relayé par CNews, était clair: « Avec la technologie que l’on a actuellement, une mission de très longue durée, un voyage de plusieurs mois vers Mars, imaginez le carnage. » Elle a expliqué que les astronautes arriveraient avec « des incapacités physiologiques et des difficultés à gérer les choses basiques. »

En effet, le coût physiologique des vols spatiaux de longue durée est bien documenté. Les astronautes souffrent couramment d'atrophie musculaire, de perte de densité osseuse et de déconditionnement cardiovasculaire. Des études suggèrent même que la gravité partielle de Mars, environ un tiers de celle de la Terre, pourrait ne pas être suffisante pour prévenir ces effets néfastes sur la santé, comme le souligne une revue publiée dans Contemporary Issues in Air & Space Power. Au-delà du physique, l'isolement et le confinement inhérents aux missions prolongées peuvent entraîner un stress psychosocial, un déclin cognitif et des conflits interpersonnels, nécessitant des contre-mesures robustes comme la surveillance de la santé mentale par IA et la formation en réalité virtuelle.

La voie à suivre: des technologies de rupture sont essentielles

Pour Sophie Adenot, la conquête de Mars dépend d'« avancées technologiques révolutionnaires ». Elle a spécifiquement mentionné des innovations qui pourraient « accélérer le voyage » ou fournir une « gravité artificielle avec un vaisseau qui tourne » afin que les astronautes soient constamment exposés à une forme de gravité. « Dans ce cas, ça pourrait fonctionner. Mais aujourd’hui, en effet, il nous manque encore quelques étapes clés », a-t-elle souligné, selon Libération.

Alors que des organisations comme la NASA ont une stratégie échelonnée pour les missions humaines vers Mars et que la recherche se poursuit sur des solutions telles que les systèmes de survie en boucle fermée et l'utilisation des ressources in situ, la perspective de Sophie Adenot souligne un écart critique. Les efforts actuels se concentrent sur l'atténuation des risques dans le cadre des paradigmes technologiques existants. Ce qui est réellement nécessaire, ce sont des percées qui modifient fondamentalement les conditions du voyage dans l'espace lointain, le rendant non seulement supportable, mais durable pour la performance humaine. D'ici là, Mars reste un objectif lointain et ambitieux pour les explorateurs humains.

Malgré son retour difficile, Sophie Adenot a assuré que sa convalescence se déroule « très bien » et qu'elle subit des examens pour mesurer les effets de son séjour prolongé en microgravité, contribuant ainsi à des données vitales pour les futures missions de longue durée.

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